Inauguration de CUKI (Ex Ecopla) à La Terrasse le 16/11/17

J’ai pu assister à l’inauguration de CUKI France à La Terrasse le jeudi 16 novembre 2017.
Retrouvez l’article qui relate la transformation de ECOPLA à CUKI FRANCE. Le Grésivaudan est résolument tourné vers l’avenir avec des perspectives de formation pour les jeunes de la région, des créations d’emplois à court et moyen terme et une stratégie à long terme.

ARTICLE DU 20/11/2017
L’ESSOR ISERE

Cuki dans le moule d’Ecopla
le 20 novembre 2017 – Caroline THERMOZ-LIAUDY – Économie – Industrie

Cuki dans le moule d’Ecopla
C’est l’histoire de longs mois de bataille pour sauver Ecopla, le fabricant français de barquettes en aluminium. Racheté par le concurrent italien Cuki, le site de production a finalement déménagé sur la zone d’activités intercommunale de Pré Millon à La Terrasse, avec des objectifs chiffrés tant en matière de résultats que d’emplois : normalement 50 à terme.

L’année dernière, le fabricant italien de barquettes en aluminium faisait peur. Il était celui qui mettait un coup d’arrêt à l’usine Ecopla. Celui qui se mettait en travers du chemin de la scop, et des emplois à maintenir.

Quelques mois plus tard, Cuki a bel et bien créé sa filiale française (Cuki France), déménagé les 27 machines de presses du site de Saint-Vincent-de-Mercuze, vers la commune toute proche de La Terrasse, dans un site tout neuf de 10 000 m2, à proximité directe de l’autoroute. Car c’est du Grésivaudan que partira désormais une partie des barquettes Cuki, avec une stratégie dédiée.

Dans le cadre de son plan de développement européen Cuki a donc inauguré le 16 novembre dernier, les locaux de Cuki-France, une force de production directe dédiée à la production pour les besoins du marché français, qui représente son plus grand marché hors de l’Italie. Cuki France s’adresse à l’industrie alimentaire et à la grande distribution en France et progressivement aux autres marchés européens tels que l’Allemagne, le Benelux, et la Suisse, et à plus long terme, l’Espagne et le Royaume-Uni.

 

Alors que la production vient seulement de reprendre, six employés sont déjà à l’œuvre, dont quatre anciens « Ecopla ». « Ils seront une douzaine d’ici la fin de l’année 2017, mais surtout une cinquantaine d’ici 2020, voire avant », explique le PDG Corrado Ariaudo. « Avec des anciens d’Ecopla, c’est la reconnaissance du savoir-faire du Grésivaudan », souligne la député LREM Catherine Kamowski. En effet, 25 ex-salariés d’Ecopla ont déjà été identifiés par Cuki pour intégrer l’entreprise, en raison de leur savoir-faire spécifique. Cuki cherche également des profils d’emplois peu qualifiés, et dans ce cadre souhaite en priorité recruter des jeunes du territoire, sans activité afin de les former.

Gérard Di Freneza est un ancien Ecopla, déjà à l’ouvrage. « J’ai travaillé 7 ans à Ecopla en tant que technicien de maintenance et aujourd’hui, je suis technicien de maintenance pour Cuki-France. J’ai intégré les locaux le 1er septembre. D’autres anciens doivent arriver par exemple, dans les domaines de la logistique et du contrôle qualité. Aujourd’hui, on retrouve le sourire mais on est passé par des galères qu’on n’a pas oubliées. Mais les perspectives sont encourageantes. » Un avenir plus serein, auquel il pense avoir contribué. « Indirectement, je pense que notre combat a joué. Cuki se serait implanté en France peut-être moins rapidement sans la mobilisation des collègues. »

« Au départ, Cuki ne devait ne pas s’implanter en France »

Et sans une certaine mobilisation politique, explique à son tour l’ancienne sénatrice et actuelle conseillère régionale Eliane Giraud. « Tous les candidats à la présidentielle se sont pressés devant les grilles d’Ecopla, mais ce qu’il fallait c’était des solutions. Et je peux vous dire que les solutions on les a trouvé dans le bureau du ministre Sapin. […] Il ne faut pas perdre de vue que ce projet, il n’existait pas. Au départ, Cuki devait récupérer les machines et ne pas s’implanter en France, ou alors le faire dans le Nord. Et nous les avons convaincus de rester ici, où il y a un vrai savoir-faire. »

L’usine de La Terrasse est équipée d’un atelier avec tout le nécessaire pour assurer une haute qualité des procès de production et d’un laboratoire équipé d’instruments modernes pour mesurer et évaluer les matières premières et les produits finis afin d’assurer un contrôle continu de la qualité des produits. Pour cela, 2,95 M€ doivent être investis en matériels, certifications et process informatiques d’ici mi-2018 (dont 1,6 M€ réalisés au 28 septembre pour la mise en conditions du démarrage). Et 8,3 M€ seront encore investis d’ici mi-2022.
Un effort qui a un objectif chiffré : 5 M€ de CA prévu pour la première année pleine d’activité (2018), soit 150 millions de barquettes par an. « Nous respectons nos engagements avec l’Etat, et nous visons ici le succès industriel. Cuki en Italie, ce sont 200 M€ de CA, dont 10 M€ rien que sur le marché français que nous souhaitons augmenter avec la production française », explique le PDG.

Marché français qui a la particularité d’apprécier les moules ronds, de type tourtières (dont les moules ont été récupérés chez Ecopla), là où le marché italien favorise le rectangle. Le groupe prévoit aussi de diversifier sa production avec une filière dédiée à la production de barquettes en papier/carton qui sera également implantée à La Terrasse. Autre engagement : la production sera respectueuse de l’environnement : la société propose des produit utilisant des matières premières recyclées et recyclables.

Pour faciliter son implantation, l’entreprise a sollicité et obtenu de la part de la communauté de communes du Grésivaudan, une aide à la réindustrialisation sous la forme d’une avance remboursable de 2 M€.

Caroline Thermoz-Liaudy