Mon intervention à l’Assemblée nationale ce matin

 

C’est sans peur (puisqu’on nous dit que nous aurions peur), sans crainte et en toute sérénité que je vais m’adresser à vous. Pour vous dire que je suis choquée à trois titres au moins :

  • En tant que Députée et membre de la Commission des Lois, choquée voire blessée par la remise en cause dès ce matin de l’accord de travail d’enquête, en Commission des Lois ; accord que je croyais pris de bonne foi. En tant que membre de cette commission, je veux connaitre la vérité quant à l’enchainement des événements ou décisions qu’il nous reviendra d’apprécier. Néanmoins, mes chers collègues, nous sommes législateurs, pas policiers ni juges. Le respect de la Constitution que nous nous attachons par ailleurs à réviser au mieux de l’intérêt de la Nation, nous astreint à suivre les règles que nous nous sommes données pour que force reste à l’état de droit.

 

  • En tant que constituante, choquée par la volonté affichée par certains de ne pas débattre de la loi constitutionnelle mise à l’ordre du jour avec l’accord de tous les présidents de groupe. Je tiens à continuer le travail de révision constitutionnelle que nous avons entreprise. C’est un engagement que nous avons pris vis-à-vis de la Nation à laquelle nous appartenons toutes et tous ici. Cette Nation, notre Nation, attend de nous constance et sérieux dans l’exercice de nos fonctions.
  • En tant que citoyenne enfin, choquée par le ton et les attaques, parfois ad hominem, qui fleurissent sur tous les bancs de l’Assemblée. Ce ton et ces attitudes sont ce qui « rabaissent » notre Assemblée aux yeux de nos concitoyens.